Histoires de succès

Dynamiques paysannes : L’artisanat dans la commune Kinyinya a fait de Sylvie NIMBONA la personne qu’elle ne croyait pas devenir

Il y en a qui croient que les femmes ne sont pas capables de réaliser de grands projets. Les choses changent et le monde évolue. Le témoignage de Sylvie NIMBONA en dit long. C’est l’une des femmes qui ont déjà compris qu’il n’y a point de développement sans la femme. Originaire de la commune Kinyinya, province Ruyigi, elle exerce le métier de soudeur. Cette idée lui est venue après avoir constaté que les gens de cette localité éprouvent d’énormes difficultés liées au manque d’électricité. Nous vous laissons le soin de lire l’intégralité de son témoignage.

« Je réponds au nom de Sylvie NIMBONA, j’exerce le métier de soudeur depuis plus de 20 ans. Cette idée m’est venue après avoir constaté que notre localité n’a pas d’électricité. J’ai donc voulu réduire la distance que les gens parcouraient pour aller là où ils peuvent trouver de l’électricité ; je peux citer les cas de ceux qui veulent affûter les machettes, les houes, etc. Même ceux qui voulaient fabriquer des portes et fenêtres métalliques étaient obligés de parcourir de longues distances. C’est ainsi que j’ai tout fait pour trouver le matériel nécessaire afin de débuter les travaux de mon atelier. Le début n’était pas facile parce que je ne savais rien de la gestion de mon argent. J’ai eu la chance de suivre des séances de formations organisées par ADISCO. J’ai appris beaucoup de choses utiles et surtout l’épargne. Je suis fière du pas franchi car même le personnel a augmenté et le nombre s’accroît en fonction de la commande. Grâce à la formation en matière d’épargne, j’ai contractée un crédit de 4 000 000Fbu auprès de la COOPEC et j’ai ajouté à cette somme l’argent issu des marchés que je gagnais et j’ai pu acheter le matériel restant.

Dans ma localité, je n’ai aucun problème lié au fait que j’exerce un métier habituellement réservé aux hommes. Par contre, beaucoup de personnes envient ce que je fais et me demandent d’initier les autres femmes à ce métier.
Concernant les perspectives d’avenir, comme le matériel utilisé dans la fabrication des portes et fenêtres provient du centre-ville de Gitega, je compte ouvrir une quincaillerie. Si je trouve que ce projet est rentable, je vais en ouvrir d’autres dans cinq provinces du pays.
En peu de mots, je me réjouis d’avoir appris ce métier grâce auquel j’ai gagné beaucoup de choses. Je parviens à subvenir aux besoins de ma famille. Autres chose, c’est que je parviens à embaucher certaines personnes de mon entourage. Il y en a même qui sont reconnus comme des soudeurs de renom grâce à ce qu’ils ont appris ici et ils en sont reconnaissants.
Je termine en lançant un appel vibrant aux femmes qui voient qu’elles ne sont pas capables de d’exercer les métiers considérés jadis comme réservés aux hommes. Aujourd’hui, on a des femmes ingénieurs et charpentiers. Qu’elles s’associent à d’autres afin de pouvoir atteindre notre autopromotion et le développement de notre chère patrie ».

Propos recueillis par Jean-Petit HAVYARIMANA